La Stérilisation précose

Cet article est repris du S.C.F. (Sphynx Club de France) avec quelques anotations personnelles venues de notre propre expériance.

Objet de nombreuses réticences en France, la stérilisation précoce (stérilisation des chatons âgés de moins de 4 mois) est depuis une quinzaine d'années, une pratique courante en Amérique du Nord.

Toutes les études menées, ainsi que le recul dont nous disposons actuellement, n'ont pas permis de mettre en évidence des incidences sur la santé et le développement du chat.


Les études ont menées sur la comparaison et le suivi de 3 groupes de chats (mâles et femelles) :


Les constatations sont les suivantes :


Concernant la croissance, il est en effet important de noter que la puberté entraîne le processus de ralentissement puis de l'arrêt, de la croissance des cartilages. En stérilisant un chaton avant sa puberté, on freine ce processus. La croissance osseuse se poursuit donc plus longuement, le chat stérilisé précocement aura donc une taille légèrement supérieure à celle d'un congénère entier ou stérilisé plus tardivement.

Chez les mâles stérilisés avant 10 semaines, on constate qu'il n'y a pas de séparation entre le pénis et l'étui pelvien. Cela ne gêne aucunement le chaton dans sa fonction urinaire et n'a pas d'incidence sur sa santé.

Il a également été observé que la prise de poids qui découle fréquemment des suites d'une stérilisation effectuée après la puberté, est rare chez le chat stérilisé précocement.

Il n'a pas été constaté en effet de perte de la vitalité et de la dépense énergétique chez le chaton après sa stérilisation, comme cela est le cas chez le chat stérilisé après sa puberté. La prise de poids est donc très limitée.

Ni les études européennes, ni les études américaines, n'ont pu mettre en évidence la moindre incidence dommageable pour la santé et le développement du chat stérilisé précocement. La stérilisation précoce n'est donc aucunement dangereuse pour la santé du chat.

L'ANESTHESIE

Les risques liés à l'anesthésie sont rigoureusement identiques à ceux auxquels sont exposés les chats adultes. Un chaton de 3 mois qui ferait une réaction à une anesthésie, ferait probablement la même réaction à l'âge de 8 ou 12 mois.

Les chatons stérilisés entre 10 et 16 semaines ont une récupération très rapide à l'anesthésie. Tout particulièrement par comparaison avec des chats plus âgés. Le chaton a un réveil très facile et récupère rapidement toute sa vitalité. 2 à 3 heures après son réveil, il joue normalement.

A QUEL AGE PRATIQUER UNE STERILISATION PRECOCE ?

Il est possible de stériliser un chaton à partir de 7 semaines. Toutefois, pour éviter de recourir à un protocole pédiatrique pour l'anesthésie, plus délicat, nous conseillerons d'attendre que le chaton ait atteint un poids d'un kilo. Soit entre 10 et 14 semaines. L'avantage d'attendre un peu pour un éleveur est de ne pas stériliser un chaton qui va évoluer très favorablement en type. Il est en effet difficile de juger du type d'un chaton de 7 à 8 semaines.

Actuellement les chatons sont stérilisés 10 jours après le rappel des vaccins.

La technique chirurgicale est exactement la même que sur un chat plus âgé. Il n'y a pas plus de difficultés à stériliser une femelle qu'un mâle. Les vétérinaires qui ont stérilisé des chatonnes de 3 mois, constatent également l'absence de dépôts graisseux sur les ovaires, ce qui facilite l'intervention.

POURQUOI STERILISER PRECOCEMENT UN CHATON ?

Cette pratique est intéressante pour les éleveurs souhaitant écarter du circuit de la reproduction certains chatons de leurs portées et les particuliers désirant acquérir un chaton de compagnie.

Pour l'éleveur, c'est l'assurance que le chaton vendu en compagnie ne reproduira jamais.

Certains chatons ont en effet un type assez moyen, voire, peuvent être porteurs de défauts morphologiques disqualifiants en expo (noeud à la queue par ex), il n'est donc pas souhaitable qu'ils reproduisent.

Or, en vendant un chaton en compagnie, on n'est jamais certain que l'acquéreur ne changera pas d'avis un jour en décidant de le faire reproduire. Il n'est pas rare par exemple que les proches fassent pression pour que le nouveau propriétaire fasse au moins une portée. Malheureusement il y a aussi les portées non voulue avec le matou du voisin. Nous estimons qu'il y a suffisament de chat de gouttière qui cherchent un foyer et qui végétent dans les SPAs.

Quoi de plus angoissant pour un éleveur de découvrir que la chatonne vendue pour la compagnie, est gestante, et entre les mains de quelqu'un qui n'a pas la connaissance des gestes à accomplir en cas de difficultés qui se présenteraient lors de la mise bas ?

Certaines personnes n'hésitent pas à demander un chaton de compagnie (vendu moins cher), mais avec déjà la ferme intention de débuter un élevage. Et ne parlons pas de ceux qui achètent un chat de qualité compagnie, et le revendent comme de qualité expo, 2 fois plus cher, à des naïfs. En annonçant que le chaton vendu en compagnie sera stérilisé, on fait fuir les acquéreurs douteux. Il vaut mieux rater une vente que de céder un chaton à quelqu'un qui n'est pas sincère et qui trahit la relation de confiance nécessaire entre l'éleveur et l'acquéreur.

Certains acquéreurs voient dans la reproduction, un moyen de se rembourser du prix du chaton (bien que le risque soit surtout, de ne pas rentrer dans ses frais! ).

Tout éleveur sérieux doit donc veiller à ne pas laisser entrer dans le circuit de la reproduction, trop de chats issus des mêmes reproducteurs, principalement si le type de ces chats n'est pas de nature à participer à l'amélioration de la race et veiller à ne céder pour élevage ses chatons, qu'à des éleveurs, novices ou expérimentés, possédant un véritable plan d'élevage qui contribueront à améliorer la race, et à éradiquer les tares génétiques.

La stérilisation précoce permet donc de protéger à la fois le chaton vendu en compagnie et le travail de l'éleveur (et celui des éleveurs qui l'ont précédé), dans l'intérêt de la race.

Pour le particulier, l'avantage est de ne plus avoir à se préoccuper de la stérilisation de son chat, évitant ainsi les premières chaleurs d'une femelle (on limite le risque de tumeurs mammaires et utérines en stérilisant une femelle avant ses premières chaleurs). Celle ci peut à ce moment là hurler aussi fort que les poans et marquer partout. Les mâles font des marquages urinaires dès qu'ils le peuvent et partout.

Il est à noter qu'aussi bien les femelles que les mâles peuvent s'enfuir et prendre d'énorme risques ( sauter d'un balcon ou d'une fênetre,...) pour retrouver celui ou celle qui comblera ses désires.

Quant aux risques de l'anesthésie, ils sont supportés par l'éleveur, non par l'acquéreur.

Rappelons qu'un éleveur ne vend pas un objet, mais un chaton qu'il a aidé à naître, qu'il a vu grandir, évoluer et auquel il est attaché. Il est donc légitime que ce soit lui qui décide si oui ou non ses chatons reproduiront. Il ne doit pas se laisser influencer par certains arguments qui veulent que ce soit à l'acquéreur qui achète un chaton, de faire ce qu'il veut avec. Cet argument serait valable avec une voiture, pas lorsqu'il d'agit d'un être vivant.

Nous rappelons également que sur les contrats de vente, la clause qui consiste à retenir le pedigree contre une stérilisation effectuée par l'acquéreur après la vente, est considérée comme abusive et sans valeur juridique.

Bibliographie / références

traces de pattes